Bruxelles-J

En parler : à qui ?

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En parler, oui, mais pas à n’importe qui

Tu voudrais parler d’une consommation de drogue ou d’alcool, que ce soit la tienne ou celle de quelqu’un d’autre. Tu sens qu’il serait temps de parler – mais à qui ?

Tout dépend de pourquoi tu veux en parler, de tes attentes et tes espoirs. Si tu veux juste te décharger d’un poids, tu pourrais parler à n’importe qui, bien que… tout le monde n’est pas forcément à l’aise avec la question des consommations. La majorité des drogues sont illégales et donc en parler avec n’importe qui pourrait te causer des ennuis avec la Justice. De plus, la Police a une fonction de contrôle et de répression (nécessaire dans certains cas) et non pas une fonction d’aide.

Ahsan, 2014, Ixelles

Respecter ton intimité et celle de l’autre

La consommation de drogue est quelque chose de très intime. La drogue, pendant la durée de son action, change la perception. Que ce soit ‘extérieur’ : le son, la lumière, l’attitude des autres et/ou intérieur : tes émotions, c’est quelque chose qui au travers de notre corps agit temporairement sur notre esprit, notre perception.

Faire des révélations à propos de ton intimité ou celle d’un.e proche, c’est parler de ce qui t’est unique et précieux. Parler d’une consommation de drogue ne peut se faire qu’avec une personne dont tu es sûr(e) qu’elle respectera parfaitement ce caractère précieux et unique dont il est question.

Lorsqu’il s’agit de quelqu’un d’autre, fais attention à ne pas « trahir » la personne en allant en parler à son copain ou à sa copine, à ses potes ou à sa famille. Il vaut mieux en parler à quelqu’un qui fait partie de ton cercle et qui ne connaît pas ou n’a que peu de contacts avec l’autre personne.

Parler de soi emmène toujours un peu d’incertitude. Cela se traduit par de l’angoisse, due au fait que tu ne puisses pas prévoir la réaction de la personne à laquelle tu t’adresses. On peut être déçu par la réponse de l’autre,  ou avoir l’impression que la personne n’a pas compris l’importance que cela avait pour toi de lui parler. Parfois l’autre peut te répondre d’une façon trop stéréotypée, genre la drogue c’est mal, ou les drogués, ce sont tous les mêmes. On peut même se sentir jugé.e et dévalorisé.e après avoir parlé… Dans ce cas, c’est l’indice que l’on s’est trompé : la personne n’est pas à la hauteur de ce dont on souhaite parler, voire de la confiance qu’on lui faisait. Cela veut dire qu’il ne servira à rien d’insister et qu’il faudra trouver quelqu’un d’autre.

Trouver une personne de confiance

Si tu es prêt.e à passer au-dessus de cette incertitude, nous te conseillons de réfléchir à ceci : à qui as- tu déjà confié des choses personnelles tout en te sentant bien compris.e ? Avec qui as-tu pu parler de choses délicates et qu’après tu as pu te sentir mieux ? Et qu’en plus, la confiance entre vous deux est devenue encore plus forte ? Si tu as pu expérimenter auprès de quelqu’un le profond respect envers tes confidences, tu peux te dire que cette personne pourrait être la bonne. Et s’il s’agit d’un membre de ta famille proche, tant mieux, sinon il ne te sert à rien d’insister, il vaut mieux chercher dans une autre direction.

Parfois on ne trouve personne à qui en parler. Nous pensons que ce n’est cependant pas une raison pour te taire. A ce moment-là, il y a des personnes dont le métier est d’écouter ce genre de confidences intimes : des assistants sociaux et psychologues (en planning familial ou en centre de guidance) peuvent te recevoir et réfléchir avec toi à ce qui se passe. Nous avons les adresses et pouvons te renseigner. N’hésite surtout pas.

Éditeur de la fiche : Infor-Drogues

Mise à jour le 28 juillet 2016

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