Bruxelles-J

Drogues : trouver de l'aide

Print this pageEmail this to someoneShare on FacebookTweet about this on Twitter

Tu voudrais parler d’une consommation de drogue ou d’alcool, que ce soit la tienne ou celle de quelqu’un d’autre ?
Veille à réfléchir posément pourquoi, quand et à qui en parler. Ces questions sont déterminantes si tu as des attentes susceptibles d’être déçues.

 

Pourquoi parler de ses consommations ?

Ou pourquoi tout simplement parler à quelqu’un de ce que tu vis ?

Exprimer ce que l’on traverse permet de découvrir les émotions qui se cachent derrière nos comportements. Nous pouvons nous rendre compte qu’en fait, nous nous sentons triste, en colère ou déprimé.

Prendre du recul

Émile, 2014, IxellesFaire connaissance avec tes émotions te permet de prendre du recul. Si tu te laisses emporter par la tristesse ou la colère, ce n’est plus toi qui décides : cette émotion peut te faire dire ou faire des choses que tu pourrais regretter.

Quand les émotions deviennent trop lourdes, elles nous rongent et peuvent nous rendre malades. Parler à quelqu’un de sa colère peut la rendre plus supportable, comme si tu en déposais un peu chez l’autre ou comme si l’autre pouvait t’aider à la porter. Parler à quelqu’un t’offre l’occasion de te sentir moins seul.e face à ce que tu vis et ressens.

Si tu peux consommer de façon responsable et occasionnelle, cela peut être une manière de mettre à distance ou d’étouffer des émotions trop imposantes. Mais effacer une colère ou un sentiment de dépression ne peut fonctionner qu’un temps. Un jour, tu cours le risque de t’effondrer ou de devoir augmenter ta consommation pour que les drogues continuent de produire leur effet.

À quoi servent les émotions ?

Il est important que tu puisses être à l’écoute de tes émotions, elles sont là pour te parler de toi. Elles te donnent des informations sur ce qui est important pour toi, sur ce qui te touche. Et elles te mettent en alerte quand tu ne te sens pas respecté.e.

La vie nous fait ressentir un éventail d’émotions, mais la société ne nous autorise pas toujours à être en accord avec elles. C’est d’ailleurs lorsque tu es confronté à ces difficultés que consommer peut te paraître comme une solution.

Garde à l’esprit qu’aucune douleur et aucune difficulté n’est éternelle, tout finit par s’atténuer même si cela peut te paraître impossible sur le moment même.


Quand en parler ?

Si c’est toi qui consommes

Si c’est toi qui consommes une drogue, tu peux te demander si tu es devenu.e dépendant.e d’un produit. Pour ce faire, tu peux te poser cette simple question : ai-je encore la liberté de me passer de ce produit ? Ai-je la liberté de ne pas fumer un joint ? Si c’est oui, tu n’es probablement pas dépendant.e. Par contre, si tu sens que ta réponse penche vers un « non », cette autre question se pose pour toi : « quand en parler ? ».

Personne ne peut t’obliger à parler de choses aussi intimes et complexes que du non-contrôle de ta consommation. Parler c’est bien, mais au moment où tu le sens, c’est mieux. Les proches peuvent vouloir en discuter à un moment qui n’est pas le bon pour toi. Ce n’est pas à eux d’en décider.

En effet, tu pourrais trouver plein de ressources en toi pour changer les choses et diminuer voire arrêter ta consommation — pour reprendre le contrôle sur ta vie — sans avoir dû en parler à quelqu’un.

Mais il arrive parfois que l’on n’y arrive pas seul. Et que l’on doive reconnaître que la situation ne va pas s’arranger. C’est souvent à ce moment-là que le besoin de se « décharger » se fait ressentir. Il t’appartient dès lors de trouver quelqu’un avec qui en parler.

Si tu connais quelqu’un qui consomme

IMG_8434menosEn parler, c’est montrer que tu es là et que la personne peut te confier des choses personnelles et délicates, sans que tu ne la juges.

Il n’est jamais trop tard pour en parler. Rien ne t’empêche de dire à la personne que tu t’inquiètes pour elle.

Nous te conseillons de lui demander des nouvelles quand tu sens que le moment est bien choisi (exemples : « Ca va toi avec le cannabis ? », « Tiens, et avec l’alcool, ça va ? Parce que la dernière fois je trouve que tu avais beaucoup bu. »). Ce qui compte, c’est que la personne sache que tu lui en parles parce qu’elle compte à tes yeux et que son éventuel mal-être ne te laisse pas indifférent(e).

Tu découvriras vite ce qu’elle en pense. Elle pourrait te répondre que tu as tort, que tu dis n’importe quoi, ou que c’est vrai mais que ce n’est pas grave. Cela peut signifier qu’il n’y avait rien d’alarmant. Ou qu’on t’a mal renseigné.e. Ou qu’il y a effectivement un problème, mais que la personne ne souhaite pas (t’)en parler. Il se peut que tu aies raison, mais qu’il soit trop tôt pour que la personne accepte de se confier. Trop insister est risqué : cela pourrait abîmer votre lien.


À qui en parler ?

Respecter ton intimité et celle de l’autre

Si tu as besoin de parler, tourne-toi vers quelqu’un en qui tu as entièrement confiance.
La consommation de drogue est quelque chose de très intime : faire des révélations à propos de ton intimité, c’est parler de ce qui t’est unique et précieux.
Aborder une consommation de drogue ne peut se faire qu’avec une personne dont tu es sûr(e) qu’elle respectera parfaitement ce caractère unique et précieux.

Si tu souhaites discuter d’un de tes proches qui consomme avec un tiers, veille à ne pas « trahir » la personne en allant en parler à ses potes ou sa famille. Il vaut mieux en parler à un confident qui fait partie de ton cercle et qui ne connaît pas ou n’a que peu de contacts avec la personne dont tu souhaites parler.

Ce qu’il ne faut pas faire

Tout le monde n’est pas forcément à l’aise avec la question des consommations. Il y a des personnes qui ne peuvent pas entendre, comprendre, voire s’empêcher de juger. Aussi, en parler avec n’importe qui pourrait te causer des ennuis avec la Justice. Un interlocuteur désemparé face à ton histoire pourrait contacter la police en toute bonne foi pour qu’ils se chargent de t’aider… (Mauvaise idée : la police contrôle et réprime, sa vocation n’est pas d’aider.)

Parler de soi amène toujours un peu d’incertitude. Cela se traduit par de l’angoisse, due aussi à l’impossibilité de prévoir la réaction de la personne à laquelle tu t’adresses. On peut être déçu par la réponse de l’autre, ou avoir l’impression que la personne n’a pas compris l’importance de ce geste (le besoin d’en parler, la confiance que tu lui témoignais en te livrant à elle). On peut se sentir jugé.e et dévalorisé.e après avoir parlé… Dans ce cas, c’est l’indice que tu t’es trompé.e : la personne n’était pas à la hauteur de ce dont tu souhaitais parler. Dans ce cas, il ne sert à rien d’insister. Il se peut que tu aies (eu) une mauvaise expérience, mais ça ne doit pas t’empêcher de retenter ta chance… Auprès d’une personne de confiance ? !

Trouver une personne de confiance

Si tu es prêt.e à passer au-dessus de cette incertitude, Ahsan, 2014, Ixellesnous te conseillons de réfléchir à ceci : à qui as-tu déjà confié des choses personnelles tout en te sentant bien compris.e ? Avec qui as-tu pu parler de choses délicates et puis te sentir mieux ? Et qu’en plus, la confiance entre vous deux est devenue encore plus forte ? Si tu as pu expérimenter auprès de quelqu’un un profond respect envers tes confidences, tu peux te dire que cette personne pourrait être la bonne. Et s’il s’agit d’un membre de ta famille proche, tant mieux. Dans le cas contraire, il vaut mieux chercher dans une autre direction.

Si tu ressens l’envie ou le besoin de parler à quelqu’un mais que tu ne trouves personne, il y a des gens dont le métier est d’écouter ce genre de confidences intimes. Des assistants sociaux et psychologues (en planning familial ou en centre de guidance) peuvent te recevoir et réfléchir avec toi à ce qui se passe. Nous avons des adresses et pouvons te renseigner. N’hésite surtout pas.

 

Éditeur de la fiche : Infor-Drogues

Mise à jour le 3 août 2018

Tu as une question ?

Remplis le formulaire ci-dessous.

Ton adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec un *

*


8 questions pour “ Drogues : trouver de l'aide

  1. Maya
    le 8 octobre 2018 à 23:43

    Bonsoir,

    Je consomme du cannabis depuis 3 ans et je voudrais réellement arrêter, je n’ose en parler à personne … je n’en peux plus de cette vie vraiment, j’aimerais enfin me retrouver.

    • le 10 octobre 2018 à 12:57

      Hello Maya,

      C’est vrai que c’est pas facile de parler de ces choses-là, et en même temps c’est souvent d’en parler qui permet de s’en sortir. Et de se « retrouver » comme tu l’écris si bien.

      A Infor, on a développé ce qu’on appelle l’e-permanence. C’est un outil qui te permet de nous parler par écrit ;-). C’est confidentiel, protégé par le secret professionnel et on peut y dire des choses très personnelles sur sa conso et sur sa vie. C’est facile, tu te choisis un pseudo et un mot de passe, tu choisis si tu veux recevoir notre réponse par mail ou via notre site, et on peut discuter ensemble aussi longtemps que tu en as envie.

      Envie de tester?

      N’hésite pas à nous dire ce que tu en penses, et nous on se dit que cela vaut la peine d’essayer ;-).

      Excellente journée à toi,
      L’équipe d’Infor-drogues

  2. lola
    le 2 septembre 2018 à 12:10

    Bonjour je suis dépendente du cannabis depuis 30 ans et je voudrai tellement arreter ou puis je trouvée de l aide ou un médecin spécialiste vers qui je pourrait allée je me sans angoissée stressé mal dns ma peau je n ai plus gout a rien et je voudrait retrouvée la joie de vivre auriez vous des adresses a me renseigné que je pourrait contact j vous en remercie je suis de la région liègeoise

    • le 4 septembre 2018 à 09:36

      Bonjour,

      Ta consommation de cannabis a l’air de vraiment prendre trop de place dans ta vie.

      L’idée est que tu puisses parler de cela avec un professionnel.

      Les angoisses, le mal-être, etc… sont peut-être les raisons pour lesquelles tu t’es tourné vers le cannabis à la base.

      Un travail autours de ces questions te permettra d’apprendre à gérer tes émotions et de ne plus avoir besoin de cannabis.

      C’est pourquoi nous te proposons les coordonnées d’un centre où tu pourras trouver l’aide d’un professionnel, un psychologue qui lui ne pourra pas te prescrire autre chose. Un médecin aura tendance à te donner une molécule pour gérer tes angoisses, un psychologue pourra t’apprendre à les gerer.

      A Liège, il y a le centre ALFA -, rue de la madeleine 17, tel 042230903

      Très bonne journée à toi

      L’équipe d’Infor-Drogues.

  3. Ouadie
    le 27 août 2018 à 23:58

    Bonjour en fait je dois dire ma situation qui m’arrivait prendre la cocaïne j’ai pris trois fois ou quatre fois non arrivée en accident de travail 2015 j’ai fait trois opérations et toujours ça va pas jusqu’à maintenant j’ai en train de souffrir sur ma jambe il m’arrivait encore des problèmes familiales j’ai perdu mes enfants et ma copine m’a sorti de la maison avec mes enfants depuis la j’ai essayé quelque chose pour oublier tout j’ai essayé avec la cocaïne mais j’arrive pas qui se concentre ça fait mal à ma tête et maintenant ça fait 2 semaines j’ai rien consommer j’aimerais bien arrêter parce que j’aime pas je suis flou psychiatre et j’ai peur pour lui dire à lui comme quoi je consomme la cocaïne je veux voir la réponse s’il vous plaît comment je dois sortir de la s’il te plaît

    • le 29 août 2018 à 11:05

      Bonjour Ouadie,

      Tu as l’air d’avoir eu des choses vraiment difficiles dans la vie et ce dont tu nous parles ne doit pas être évident à accepter (accident de travail; opérations; douleurs; problèmes familiaux).
      Face à de tels événements, il arrive souvent que les gens prennent des produits (alcool, cocaïne, cannabis, etc.) pour essayer que cela ne fasse plus mal, pour essayer que cela passe, pour ne plus y penser et tout oublier…

      Nous ne connaissons pas ton psychiatre mais normalement c’est quelqu’un qui doit pouvoir t’aider avec tout cela et ne pas te juger. Il doit pouvoir comprendre pourquoi tu prends de la cocaïne et t’aider avec cela.
      Cependant, il arrive parfois aussi que les psychiatres oublient d’écouter leurs patients et ne les reçoivent que quelques minutes, leur prescrivent des médicaments…et puis c’est tout :-(
      Bien sûr les médicaments peuvent aider, mais ce n’est pas cela qui soigne quand on doit faire face à des événements très difficiles.

      Donc, si tu as un chouette psychiatre qui t’écoute et qui prend bien le temps avec toi de t’aider à comprendre tout ce qui t’arrive, alors tant mieux! :-)
      Si par contre tu as un psychiatre qui te voit juste pour la prescription de médicaments, alors ce serait intéressant selon nous que tu trouves de l’aide en plus ailleurs, dans ce qu’on appelle un Centre de guidance où tu pourras dire tout ce qui t’arrive et trouver quelqu’un qui te comprend et t’aide véritablement.

      Voilà, si tu le souhaites, tu peux nous communiquer la région où la ville d’où tu nous écris, et nous on peut te communiquer des adresses d’aide.

      On te souhaite malgré tout ce qui t’arrive la meilleure journée possible, bien à toi,
      L’équipe d’Infor-Drogues

  4. Cindy
    le 13 novembre 2017 à 23:37

    Bonjour,

     

    Je ne vois pas pq ne pas dire mon nom, Cindy.

    J’ai un grand problème avec cocaïne, je continue a la sniffer, mais j’en ai plus rien.

    C’est réellement psychologique, je sais que je me ronge, me punis, mais je fais souffrir les peux de personnes qui tiennent a moi.

    Est-ce qu’il y a un centre ou autre comme les aa svp?

     

    Merci

    Cindy

    • le 16 novembre 2017 à 09:08

      Bonjour Cindy,

      Oui oui, il existe des centres de consultation qui permettent d’être aidé en toute confidentialité par des professionnels (assistants sociaux, psychologues, médecins) lorsqu’on est dépendant et qu’on fait souffrir son entourage.

      Si tu nous communiques ta région, nous pouvons t’indiquer les lieux où tu pourras t’adresser.

      Tu mentionnes aussi les AA, et en fait il existe également les NA (pour « Narcotiques Anonymes ») et qui fonctionnent sur le même principe de parrainage que les AA. Voici leurs coordonnées : Narcotiques Anonymes.

      Voilà, n’hésite pas à revenir vers nous si tu le souhaites, on est là aussi :-).

      Bonne journée, et bon courage avec ce que tu traverses !
      L’équipe d’Infor-Drogues