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Quand on commence la drogue, on ne peut plus s'arrêter ?

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Quand on commence la drogue, on ne peut plus s’arrêter ?

interrogation

C’est un cliché que tu as déjà dû entendre à propos des drogues, tout comme à propos d’autres choses (la nourriture, le jeu, internet, etc.)

Nombre d’adultes — les parents notamment, mais aussi de jeunes — adhèrent à cette croyance que l’on pourrait reformuler de la manière suivante : « les drogues sont redoutables parce qu’elles possèdent le pouvoir de rendre immédiatement dépendant celui qui y a goûté.  »

Comme si les drogues étaient des produits magiques qui, une fois consommées, nous rendaient esclaves à tout jamais de leur pouvoir.

Alors d’après toi, fake or real ?

C’est bien entendu faux !

Les drogues n’ont pas ce pouvoir. Elles présentent chacune des caractéristiques propres et peuvent par exemple agir sur toi pour autant que tu décides de les consommer.

Si une personne t’explique qu’elle ne peut plus s’arrêter, c’est du côté de la personne qu’il s’agit de s’interroger. Quelles sont les raisons qui la motivent à consommer, à poursuivre cette consommation ou encore à augmenter cette consommation, à multiplier les produits, à prendre des risques, voire à se mettre constamment en danger, etc. ?

Si la responsabilité est du côté de la personne, il faut reconnaître qu’il n’est pas toujours aussi facile que cela de décider de ne pas y toucher, et cela concerne tout autant les jeunes que les adultes.

Quand on commence, est-ce automatiquement l’engrenage infernal ?

Faux !

Chaque situation est différente et il importe que tu en saches suffisamment pour apprécier la situation à sa juste valeur. Le type de consommation de drogues (ou d’alcool) et les raisons de consommer varient d’une personne à une autre.

Aussi, pour éviter de dramatiser ou de minimiser la situation, il faut que tu saches à quel type de consommation tu as affaire. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) définit trois types de comportements de consommation : l’usage, l’usage nocif et la dépendance.

En bref :

• L’usage : c’est une consommation de drogues (tant les drogues illégales que l’alcool par exemple) qui n’entraîne ni complications ni dommages. Toutes les consommations ne sont pas problématiques.

• L’usage nocif : l’usage est considéré comme nocif lorsque la consommation cause des dommages physiques, affectifs, psychologiques ou sociaux pour le consommateur et/ou pour son environnement proche ou lointain. Risques par rapport à  la santé (consommer lors de la conduite d’un véhicule, par exemple), risques par rapport aux autres (violence, mise en danger d’autrui, par exemple), risques par rapport à son environnement (dégradation des relations familiales, difficultés ou incapacité à faire face à ses obligations scolaires, professionnelles, etc.)

• La dépendance : la dépendance apparaît quand la personne ne peut plus se passer de consommer sans ressentir de souffrances physiques et/ou psychiques. Lorsque toute la vie est organisée autour de la recherche et de la prise du produit.

Que disent les chiffres ?

Une enquête réalisée en 2013 par l’institut scientifique de la santé publique (ISSP)  sur l’état de santé de la population belge (tranche d’âge interrogée : 15 à 64 ans) est révélatrice. Parmi les personnes qui ont essayé le cannabis (c’est-à-dire qui ont répondu « oui » à la question « avez-vous déjà consommé du cannabis au moins une fois dans votre vie ? »), pour un peu plus de deux tiers d’entre elles, cette expérience remonte à plus de douze mois à compter de l’interview, ce qui laisse présager l’abandon de cette consommation. Ce constat vaut aussi pour les autres drogues et contredit donc ce cliché.

Tu peux en déduire que l’adage « quand on commence, on ne peut plus s’arrêter » est donc loin d’être vérifié.

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